{"id":617,"date":"2021-04-17T17:07:36","date_gmt":"2021-04-17T15:07:36","guid":{"rendered":"https:\/\/clicli-connection.com\/?p=617"},"modified":"2021-04-17T17:07:36","modified_gmt":"2021-04-17T15:07:36","slug":"prendre-un-bateau-et-se-perdre-sur-la-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clicli-connection.com\/?p=617","title":{"rendered":"Prendre un bateau et se perdre sur la Terre"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Extrait du Roman de G\u00e9raldine (Chap 3. Sc\u00e8ne 3)<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clicliconnection.files.wordpress.com\/2021\/04\/pexels-daria-shevtsova-1356300.jpg?w=768\" alt=\"Pexels Daria Shevtsova\" class=\"wp-image-622\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Barcelone l\u2019\u00e9t\u00e9 c\u2019est comme le feu de la Saint-Jean dans un village de campagne. La foule, la chaleur et la couleur rythment l\u2019espace et le temps. L\u2019effervescence, les flammes qui dansent ressemblent aux silhouettes festives qui arpentent le soir les rues de la capitale catalane. Soline avait pour l&rsquo;Espagne et sa langue une passion r\u00e9confortante et qui submerge. \u00c0 chaque fois que son existence la menait sur la Terre des surr\u00e9alistes qu\u2019elle aimait tant, elle \u00e9prouvait un sentiment d&rsquo;appartenance. La sensation d\u2019\u00eatre l\u00e0 o\u00f9 elle devait \u00eatre. Gabi, lui, d\u00e9testait la p\u00e9ninsule. Depuis leur arriv\u00e9e \u00e0 Barcelone, il \u00e9tait \u00e0 la recherche de bouteilles d&rsquo;alcool pour profiter des soir\u00e9es \u00e0 venir avec Baptiste et sa compagne sur l\u2019\u00eele des Bal\u00e9ares. Le ferry partait pour Minorque ce soir-l\u00e0 \u00e0 22H00.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Soline \u00e9tait m\u00e9lancolique alors qu\u2019elle arpentait les rayons jaunis par les n\u00e9ons d\u2019un supermarch\u00e9 situ\u00e9 en banlieue de la capitale catalane. Elle \u00e9tait \u00e0 la recherche de breuvages en promotion pour satisfaire les projets de son compagnon. Plus les mois passaient, plus la vie avec Gabi devenait insupportable. Ce soir-l\u00e0, alors qu\u2019elle marchait dans ce supermarch\u00e9, l\u2019Espagne r\u00e9veillait en elle le sentiment d\u2019une vie \u00e0 vivre, d\u2019une madeleine de Proust oubli\u00e9e qu\u2019il fallait retrouver. Maintenant. En observant les \u00e9tiquettes jaunes des promotions qui jonchent le rayon des spiritueux, elle se demandait jusqu&rsquo;\u00e0 quand elle pourrait r\u00e9sister. Pour combien de temps encore son \u00e2me allait accepter cette vie loin de la vie ?&nbsp; Elle sentait en elle le vent se lever, mais elle sentait aussi le souffle de la peur murmurer derri\u00e8re son \u00e9paule.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les bouteilles d&rsquo;alcool \u00e9taient quasiment scell\u00e9es dans le coffre. Gabi avait mis plus d\u2019une demie-heure \u00e0 r\u00e9organiser le rangement du Kangoo &#8211; am\u00e9nag\u00e9 en Van &#8211; pour abriter ses tr\u00e9sors de la lumi\u00e8re et des regards indiscrets. Dans deux heures le bateau d\u00e9marrait. Sur le parking qui jouxtait le grand bateau monument flottant, ils attendaient tous les deux assis dans la voiture. Le bruit des autres moteurs, rest\u00e9s allum\u00e9s, pour rafra\u00eechir les habitacles des voitures, aussi en attente, cr\u00e9ait avec le CO2 expuls\u00e9 des pots vrombissants une ambiance de four cr\u00e9matoire. Soline voulait mourir \u00e0 chaque fois qu\u2019elle toussait. Elle observait ces voitures, elle observait ces gens. Elle partait l\u00e0 o\u00f9 tout le monde va. Elle avait choisi de faire comme les autres\u2026 d\u2019aller \u00e0 la mer. Elle avait pourtant, depuis des mois, nourri le projet de rencontrer le Danemark mais ce soir elle partait pour Minorque.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Soline ne dormit pas un instant pendant la travers\u00e9e. Un sentiment de renoncement l&rsquo;envahissait tous les jours davantage. Sur le bateau, berc\u00e9 par les l\u00e9gers mouvements de la M\u00e9diterran\u00e9e, ce sentiment alourdissait ses pens\u00e9es d\u00e9j\u00e0 trop encombrantes. Alors, depuis l&rsquo;aube, elle errait sur le pont du grand navire. Gabi dormait dans la petite cabine sans fen\u00eatre plus bas sous le bateau et Soline observait, depuis l\u2019ext\u00e9rieur, la c\u00f4te se rapprocher inexorablement. Les tra\u00een\u00e9es blanches qui s\u2019\u00e9tiraient derri\u00e8re le bateau semblaient guider l\u2019arriv\u00e9e imminente du ferry. Tout le corps de Soline \u00e9tait fatigu\u00e9, son esprit dilat\u00e9. Alors que ses pens\u00e9es flottaient litt\u00e9ralement, elle aper\u00e7ut au loin des plongeurs se jeter depuis un Zodiac. Elle se rappela alors la paix qu\u2019elle avait ressentie un jour en plongeant dans la mer de Corse. L\u2019arriv\u00e9e du bateau semblait presque \u00e9ternelle. Les sir\u00e8nes assourdissantes du bateau sortirent Soline de son coma \u00e9veill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela faisait plus d\u2019heure que Gabi et Soline s\u2019\u00e9taient \u00e9chapp\u00e9s du bateau. Ils roulaient. Minorque \u00e9tait sauvage. Certains complexes h\u00f4teliers surgissaient \u00e7a et l\u00e0 le long des routes ab\u00eem\u00e9es et des champs aux barri\u00e8res de pierres. Le paysage semblait indomptable. Cette premi\u00e8re journ\u00e9e rythmait l&rsquo;errance. Ils allaient retrouver le soir leurs futurs compagnons de voyage. En attendant, ils apprivoisaient le d\u00e9cor insulaire de l\u2019\u00eele des Bal\u00e9ares. Ils roul\u00e8rent ainsi une bonne partie de la journ\u00e9e. Ils devaient aussi trouver un endroit o\u00f9 passer la nuit avec les v\u00e9hicules. Vers 23H00, Baptise et Joe les rejoignirent sur une aire au sable rouge occup\u00e9e par d\u2019autres vans. Les pr\u00e9sentations faites \u00e0 la frontale furent joyeuses et l\u00e9g\u00e8res. Baptiste et Gabi \u00e9taient heureux de se retrouver. Soline et Joe \u00e9chang\u00e8rent quelques mots. La veill\u00e9e ne dura pas, les quatre amis plongeaient le lendemain. La s\u0153ur de Baptiste les attendait au centre plong\u00e9e de Mahon pour 9H00.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>G\u00e9raldine CaRyev.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait du Roman de G\u00e9raldine (Chap 3. Sc\u00e8ne 3) Barcelone l\u2019\u00e9t\u00e9 c\u2019est comme le feu de la Saint-Jean dans un village de campagne. 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